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Tétanos, une maladie tenace !



Le tétanos est une maladie grave causée par la bactérie Clostridium tetani présente naturellement dans la terre et qui affecte le système nerveux. Ne laissant aucune immunité naturelle, il est important de se faire vacciner contre le tétanos et d’effectuer les rappels de vaccination à temps pour acquérir une protection efficace.

En France, chaque année, une dizaine de cas sont signalés : tous concernent des personnes non à jour de leurs vaccinations anti-tétaniques et 30 % des cas sont fatals.

Un peu d’histoire…

C’est Hippocrate (460-377 avant J.-C.), célèbre médecin grec et fondateur de la médecine occidentale, qui décrit le premier les symptômes de la maladie. Le chirurgien Sir Charles Bell remettra le tétanos sur le devant de la scène en décrivant cet étrange mal d’origine inconnue dans ses écrits lors des guerres Napoléoniennes (Bataille de Waterloo).

La cause première du tétanos - la présence d’une plaie - n’est identifiée qu’en 1854. Quant au bacille, il faudra attendre trente années supplémentaires pour que le docteur Arthur Nicolaier l’isole et l’observe enfin au microscope. En 1890, les travaux du docteur Shibasaburo Kitasato et d’Emil Adolph von Béring viennent démontrer l’efficacité des antitoxines* contre le tétanos et la diphtérie, ouvrant ainsi la voie aux recherches sur les anticorps monoclonaux.

Le vaccin, l'anatoxine** tétanique, voit le jour en 1924 par Pierre Descombey avec l’aide du vétérinaire français Gaston Ramon, suivi de sa formulation spécifique pour l’homme deux ans plus tard.

La vaccination sera d’abord rendue obligatoire en France pour les militaires en 1936, puis pour tous les enfants dans le cadre de la loi du 24 novembre 1940.

Le tétanos, qu’est-ce que c’est ?

Le tétanos est une infection due à une toxine produite par une bactérie ubiquitaire, appelée Clostridium tetani, naturellement présente dans la terre. Non contagieuse, elle peut se contracter lorsqu’une plaie entre en contact avec celle-ci : blessure, coupure ou plaie banale souillées par un instrument - ciseaux, lames - et non désinfectées.

Une fois dans l’organisme, la bactérie se dissémine dans le système nerveux et dans les muscles. Les premiers symptômes apparaissent après un délai d’incubation de 3 jours à 3 semaines, majoritairement au bout de 8 jours : transpiration abondante, fièvre, maux de tête, violentes contractions musculaires de la mâchoire (trismus), du dos et du cou, difficultés à articuler normalement la mâchoire, à mâcher et à déglutir. L’atteinte des muscles respiratoires peut entraîner le décès par asphyxie.

Maladie aigüe grave, le tétanos est mortel sans prise en charge lourde par un service de réanimation spécialisé.

Pourquoi se faire vacciner ?

Le tétanos est une maladie que l’on ne peut éradiquer : la bactérie responsable (Clostridium tetani) hébergée dans le tube digestif de nombreux mammifères, persiste sous forme de spores ultra résistantes dans le sol.

Elle ne laisse également aucune immunité*** après son passage.

Le vaccin reste donc la meilleure des protections pour lutter contre le tétanos, à condition de ne pas oublier de procéder à ses vaccinations de rappel.

Comment procède-t-on pour se faire vacciner1 ?

Recommandations générales :

La vaccination tétanique est obligatoire en France pour les enfants de moins de 18 mois depuis la loi du 24 novembre 1940 (article L.3111-2) et confirmé par la nouvelle loi du 30 décembre 2017.

Chez les nourrissons

La primovaccination des nourrissons comporte depuis 2013 deux injections à l’âge de 2 et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois. Pour garantir l’efficacité de ce schéma vaccinal simplifié, il est recommandé de respecter un intervalle d’au moins deux mois entre les deux premières doses, et d’au moins six mois entre la deuxième et la troisième dose.

Elle se fait au moyen d’un vaccin combiné, contenant des antigènes permettant d’obtenir simultanément une protection contre d’autres maladies : la diphtérie (D), le tétanos (T), la poliomyélite (P), les infections à Haemophilus influenzae type (Hib), l’hépatite B (hepB) et la coqueluche (Ca, pour la coqueluche acellulaire).

Chez l’enfant et l’adolescent

Un rappel est recommandé à l’âge de 6 ans, avec un vaccin combiné contenant la valence coqueluche acellulaire (Ca) avec les composantes tétaniques et diphtérique à concentration normale (DTCaP).

Un second rappel intervient entre 11 et 13 ans, avec un vaccin combiné contenant des doses réduites d’anatoxine diphtérique et d’antigènes coquelucheux (dTcaP).

Chez l’adulte

Les rappels de l’adulte sont désormais recommandés à âge fixe : à 25 ans, 45 ans, 65 ans puis tous les dix ans, en utilisant un vaccin combiné diphtérie-tétanos-poliomyélite à dose réduite d’anatoxine (dTP). A l’âge de 25 ans, sera associée la valence coqueluche à dose réduite (Ca) pour les adultes n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des cinq dernières années (dTcaP).

En cas de plaie à risque, la vaccination et l’administration d’immunoglobulines spécifiques humaines se discutent en fonction du statut vaccinal de la personne et des caractéristiques de la plaie.

Recommandations particulières :

Une personne à jour de ses vaccinations selon le calendrier vaccinal en rigueur2 n’a pas d’injection de vaccin à prévoir en cas de blessure.

En revanche, en cas de plaie à risque, il sera proposé chez une personne non à jour de ses vaccinations :

  • l’administration immédiate d’une dose de vaccin contenant la valence tétanique en cas de blessure mineure et propre, et si nécessaire un programme de mise à jour des vaccinations.
  • l’administration immédiate d’une dose de vaccin contenant la valence tétanique et d’une dose immunoglobuline tétanique humaine 250 UI dans le cas d’une plaie étendue, pénétrante, avec un corps étranger ou traitée tardivement. Un programme de mise à jour des vaccinations sera également proposé si nécessaire.

Et vous, êtes-vous à jour de vos vaccinations ? Une question, un doute ? N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Antitoxine* : substance voisine d’un anticorps, sécrétée naturellement par l'organisme pour combattre ou détruire les effets d'une toxine ou d'un venin. Anatoxine** : toxine débarrassée de sa toxicité par un traitement utilisant de la chaleur et du formol, ayant gardé ses propriétés immunisantes. L’immunité*** : capacité que possède un organisme à se défendre, en particulier quand il subit une agression par un agent infectieux.  

1 Les maladies à prévention vaccinale
2 Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2018

Article rédigé par Hélène Dauptain, Docteur en pharmacie

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